HISTOIRE DE L’ECOLE SAINT GABRIEL

DE PONT L’ABBE

Un départ en flèche (1894 - 1914 )

             A la demande de l’Abbé Madec, curé de Pont l’Abbé, les Frères de Saint Gabriel ouvrent une Ecole Primaire le 12 septembre 1894, avec trois classes, puis une quatrième en décembre: il y a 130 élèves et c’est le Frère Jean de Kenty (Mr Julien Campagne) qui est le premier directeur. En 1899, l’école quitte la rue Pasteur, pour la rue Jean Lautrédou (rue du Cimetière) et installe les classes, la chapelle, le réfectoire et les dortoirs dans le bâtiment central, toujours visible à Saint Gabriel: il y a alors 200 élèves, 5 classes et 50 internes. En 1903, c’est l’épreuve de sécularisation (laïcisation): Les Frères n’ont plus le droit ni d’enseigner, ni d’ouvrir des écoles. mais sous l’impulsion de Messieurs Nouelle, Hirschauer et Colas, directeurs avant la guerre, le "Pensionnat" culmine à 332 élèves dont 162 internes. En 1914, le pensionnat est réquisitionné pour servir d’hôpital militaire: les externes se replient sur le patronage (ex Petit Saint Gab ). Un internat est créé à Pont Croix!

Le renouveau d’après guerre (1918 - 1939) 

            Le Frère Milcent, qui était directeur du Pensionnat de Pont Croix, est nommé directeur à Pont l’Abbé en 1919. Du Cap, il ramène à la fois, l’expérience pédagogique et de nombreux internes qui vont peupler un Pensionnat Saint Gabriel relancé: relancé par ses constructions (baraque US - cuisine - préau - cinéma - théâtre), ses structures (une amicale en 1923, une section primaire supérieure, un aumônier, enseignement du breton et des arts) et surtout par la qualité des professeurs et animateurs: c’est "l’âge d’or" de Saint Gabriel. Ce renouveau, dynamisé par les Frères Milcent et Reveau, va connaître - après les années difficiles de 1929-30 et 31- une expansion, grâce aux Frères Durand et Gloaguen: construction de l’atelier bois-fer (amorce de l’enseignement technique) en 1930, bâtiment Saint Yves (réfectoire - dortoir) en 1931, chapelle et maison de l’aumônier en 1932. Ramassage scolaire, succès aux examens, fêtes du Grand Lundi (de Pâques), cérémonie de remise des prix, ponctuent la vie ordinaire des écoliers. Des laîcs nombreux rejoignent les Frères. L’Echo Gabriéliste décrit tous ces souvenirs. Les élèves sont désormais 400 (dont 200 internes) dans 10 classes.

L’intermède de la guerre (1939 - 1946) 

            Les années de guerre vont être difficiles pour tous: en 1940 le Fère Derrien est directeur, puis le Frère Buton, qui reçoit les Allemands en 1940: tour à tour, caserne, kommandantur, et prison, l’espace pédagogique est réduit à la Chapelle et au bâtiment Saint Yves. Les cours ont lieu en ville, en huit endroits différents, dont la salle Kerloc’h, le magasin Filet Bleu, la maison Perrussel, le nouveau patro de la J.A.... Le Frère Anaclet le Bot gère au mieux, l’approvisionnement en nourriture, la pédagogie, et en juin 1944, la relation aux prisonniers: deux mourront sur place, exécutés: Mr Méhu et Mr Larnicol; 16 autres seront abattus sur les dunes de la Torche, les derniers iront vers Quimper, Paris ou l’Allemagne.

            Malgré tout cela, en 1945 - 46, les élèves sont 462 dont 285 pensionnaires, avec une section professionnelle relancée, l’ouverture d’un lycée (seconde et première), l’affiliation à l’UGSEL, l’introduction de la J.O.C. dans les sections techniques et le "Grand Lundi" du Cinquantenaire en 1946 (avec 2 ans de retard..!).

Les années de la relance (1946 - 1964) 

            Le Frère Vigouroux qui prend les commandes de Saint Gabriel en 1946 , devra faire face à de nouvelles difficultés non prévues: la suppression des subventions du régime de Vichy menace l’exixtence de l’Ecole, les lois Marie et Bérangé en 1951 - 52 demandent des quotas de professeurs licenciés: il n’y en a guère. C’est le mérite du Frère Adam, d’avoir poussé les Frères et les laîcs aux études supérieures dès 1955 - 56. Des associations nouvelles aident l’institution: AEP et APEL en 1952. Il faut des élèves: le ramassage scolaire se met en place. Il ya même des cars qui vont jusqu’à Nantes les chercher..! Les Frères Bernard, Joncour et Le Pimpec se relaient au volan! La section des Conducteurs Routiers est créée en 1959. Le Contrat simple ( puis d’association) est signé en 1960. L’Abbé Le Gall, aumônier, réorganise les mouvements (JOC, JMC, JEC) et la catéchèse. La relance a joué son rôle: à Saint Gabriel, il y a 724 élèves en 1964. Il faut de nouveau construire!

Les "trente glorieuses" (1964 - 1994) 

            Cette période post-conciliaire (Vatican II: 1962 - 65) va connaître de profonds changements. Le Frère Rimbaud organise la mixité à Saint Gabriel et Notre Dame des Carmes, qui verra la fusion des deux écoles en 1970. Auparavant, il a fallu construire: des classes pour le collège, (le futur grand CES avec ses 3 niveaux), des chambres et des ateliers pour le technique, des créations pour achever le Lycée (Terminale Sciences Ex.). Il se fera aider à l’aumônerie par l’Abbé Le Roux et à la pédagogie par la Soeur Marie Madeleine Eveno.

Le Frère Volant aura le mérite de mettre en place les nouvelles structures de l’ensemble scolaire (Chefs de secteurs, CDI, "Sagace": bulletin interne d’information) et de faire naître le Restaurant Scolaire. Avec Joël Nastorg de l’AEP, il crée un grand bâtiment pour l’enseignement général du technique industriel et commercial en 1975. Le cycle du Lycée est complet (avec 1ère C et Term C): il y a 1882 élèves en 1975.

            Le Frère Louis le Floc’h - pendant 10 ans - est à l’origine de beaucoup d’innovations: BEP automobile en 1982, Centre Spirituel et aumônerie en 1985, amicale des retraités, sections "mécanique des bateaux plaisance" et "bac pro exploitation des transports", salle omni-sports en 1989, sans compter la classe d’intégration des enfants handicapés en 1986. Il faut aussi noter les grandes manifestations de 1983-84, pour la liberté de l’enseignement à Quimper, Rennes et Paris et les nouveautés pédagogiques: jumelages ou voyages linguistiques en Espagne, en Angleterre et en Allemagne, nombreux PAE, aides au Tiers-Monde (Ile Maurice ou Madagascar).

Héritiers et Bâtisseurs (les années 1990) 

            Avec l’arrivée du Frère Yvan Passebon, les effectifs se stabilisent à 1900 élèves environ, dans l’ensemble scolaire Saint Gabriel - Notre Dame des Carmes - Sainte Anne: 77 classes, 150 professeurs ou instituteurs et 55 personnes dans les services. Deux grands axes dans ces années 90: l’héritage, avec la grande célébration du centenaire de l’Ecole en 1994-95 et la restructuration de l’institution, avec de nouvelles constructions: restaurant scolaire et foyer socio-éducatif, bâtiment administratif et centre multi-médias, nouvel internat garçons, bâtiment des laboratoires, salle des professeurs collège-lycée, etc.. Un projet imposant dans la perspective du 3ième millénaire. Ce qui n’empêche de créer du nouveau: en particulier le BTS Transport et Logistique et la section Logistique européenne de distribution des produits frais.

Saint Gabriel a déjà anticipé sur les vents nouveaux de l’an 2000!


Voir aussi Les Frères de Saint Gabriel